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Interview PDF Honneur & major & Prix Cœur à Cœur – Sandra DA SILVA

À l’occasion de la prochaine édition des Portraitistes de France 2027, nous avons donné la parole à plusieurs photographes ayant obtenu la mention Honneur en 2025. L’occasion de plonger dans leur univers et de mieux comprendre ce que ce titre a changé dans leur quotidien et leur pratique.

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Avec du recul, qu’est-ce que le titre de Portraitiste de France vous a apporté dans votre activité ?

Il y a des distinctions qui récompensent. Et il y en a d’autres qui transforment. Le titre de Portraitiste de France, pour moi, c’est la deuxième catégorie. J’exerçais ce métier avec passion, exigence et sincérité totale. Un parcours atypique, une approche instinctive, une formation hors des sentiers… Je prenais mon travail au sérieux, mais je n’arrivais pas tout à fait à me prendre moi-même au sérieux. Ce syndrome de l’imposteur s’était installé sans que je le nomme. Le jour où ce titre m’a été remis, quelque chose s’est passé en moi. Une légitimité que je n’attendais pas et qui est venue dire : ce que tu fais a de la valeur. Depuis, je me présente et parle de mon travail différemment.

Qu’est-ce qui a fait la différence dans le dossier que vous avez présenté ?

Ce qui a fait la différence, c’est précisément ce que j’aurais pu considérer comme une faiblesse : un parcours non académique et aucune école de photographie. J’ai construit mon dossier comme je construis mes images : avec le cœur. Sans me demander ce qu’il fallait faire et sans chercher à cocher les bonnes cases. Je savais ce que je voulais raconter et montrer, et je l’ai fait. Je pense que les jurés ont senti ça. Ce regard affranchi des codes, qui ne cherche pas à ressembler à ce qui existe déjà mais à exprimer quelque chose de singulier. L’absence de formation académique n’a pas été un handicap. Elle a été ma signature.

Qu’est-ce que ce titre dit de votre manière de travailler aujourd’hui ?

Ce titre m’a ramenée à quelqu’un que j’avais un peu perdu de vue : la Sandra d’avant la photo. Celle qui a grandi dans l’univers de la mode, qui a passé vingt ans devant l’objectif, qui a toujours été habitée par les belles choses, les émotions et l’élégance dans ses détails les plus discrets. Cette femme-là existait avant que je tienne un appareil, et je m’en étais éloignée. Le titre m’a reconnectée à elle. Depuis, j’ai recentré mon travail autour de cette essence-là avec plus d’exigence et plus d’attention au détail, parce que c’est dans le détail que tout se joue. Une volonté d’offrir à chaque client une expérience privilégiée, dans un univers haut de gamme. Ce titre ne m’a pas changée. Il m’a rendue à moi-même.

Y a-t-il une image de votre dossier qui vous représente particulièrement ?

Il y en a deux. Et toutes les deux racontent qui je suis. La première, c’est une photo de groupe. Moi, entourée des femmes qui partagent ma vie depuis vingt ans. On a grandi ensemble et évolué ensemble dans ce métier de mannequin. Elles ont été là à chaque étape. Cette image ne raconte pas seulement une amitié, elle raconte une fidélité. La deuxième, c’est la photo avec la tour Eiffel. Celle-là me touche différemment. Il y a quelque chose dans cette image qui ressemble exactement à ce que j’aime : ces codes du luxe à la française, cette façon qu’a la beauté parisienne d’être à la fois grandiose et naturelle. Pour moi, elle pourrait être une publicité de parfum. Je suis parisienne jusqu’au bout des ongles. Et cette photo le dit mieux que je ne saurais l’écrire.

Quel conseil donneriez-vous à un.e photographe qui hésite à se lancer ?

Y aller. Sans hésiter. Pas nécessairement pour le titre ou la reconnaissance, mais pour ce que ça vous apporte personnellement. Se préparer pour un concours comme celui-là, c’est se confronter à soi-même. On sort de sa zone de confort, on regarde son travail, on accepte de se remettre en question. C’est dans cet inconfort-là qu’on grandit vraiment. Et le résultat ? C’est moins important qu’on ne le croit. Ce qui reste, c’est ce qu’on a traversé pour y arriver : le doute, le travail, la vulnérabilité d’exposer ce qu’on crée. À tous ceux qui se demandent si leur travail est suffisant, si eux sont suffisants, c’est justement pour eux que ce concours existe.

Et maintenant, quelle est la suite pour vous ? Ce titre a-t-il ouvert de nouveaux horizons ?

L’obtention du titre a tout changé. Des portes se sont ouvertes, des portes que je n’aurais pas eu l’audace de pousser avant. La plus symbolique ? Ma collaboration avec Sony, la marque avec laquelle j’ai débuté la photographie il y a sept ans. Je suis quelqu’un de fidèle, et le fait que ce soit eux qui soient venus me chercher a quelque chose de particulièrement fort. Pour la suite, les projets ne manquent pas : un dossier au niveau européen, une QEP en préparation, des ambitions qui s’élargissent. Pour la première fois de ma vie de photographe, je n’affiche plus un pseudo. J’affiche mon nom. C’est peut-être ça, le plus grand changement.

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