À l’occasion de la prochaine édition des Portraitistes de France 2027, nous avons donné la parole à plusieurs photographes ayant obtenu la mention Honneur en 2025. L’occasion de plonger dans leur univers et de mieux comprendre ce que ce titre a changé dans leur quotidien et leur pratique.
Avec du recul, qu’est-ce que le titre de Portraitiste de France vous a apporté concrètement dans votre activité ?
Obtenir le titre de Portraitiste de France m’a apporté énormément, autant sur le plan personnel que professionnel. Personnellement, c’est une vraie fierté. Ce concours demande beaucoup d’investissement, de rigueur et de remise en question. Derrière chaque image présentée, il y a des heures de réflexion, de préparation et de travail. Recevoir cette distinction a été pour moi l’aboutissement d’un engagement fort dans mon métier et une reconnaissance du travail accompli au fil des années. Professionnellement, cela a renforcé ma crédibilité auprès de mes clients. Ce titre représente un niveau d’exigence reconnu dans notre profession et il apporte immédiatement une forme de confiance. C’est aussi devenu un excellent sujet de communication pour mon studio, qui permet de mettre davantage en lumière ma démarche et mon univers photographique.
Qu’est-ce qui a fait la différence dans le dossier que vous avez présenté ?
Je pense que la cohérence du dossier a été l’un des éléments les plus importants. C’était d’ailleurs mon objectif principal dès le départ. Je ne voulais pas simplement présenter de “belles images” individuellement, mais construire un ensemble harmonieux, avec une identité visuelle forte et une vraie continuité dans le traitement, la lumière et les émotions. J’ai beaucoup travaillé sur la régularité du niveau de qualité et sur la capacité du dossier à raconter quelque chose dans sa globalité. Pour moi, un dossier solide est un dossier où chaque image trouve naturellement sa place aux côtés des autres.
Qu’est-ce que ce titre dit de votre manière de travailler aujourd’hui ?
Ce titre reflète ma manière de travailler au quotidien : avec exigence, précision et cohérence. Il représente pour moi l’importance du détail, de la préparation et de la constance dans la qualité du travail livré aux clients. Aujourd’hui, je suis encore plus attentive à l’expérience globale : la lumière, la direction, les finitions, mais aussi l’accompagnement humain pendant les séances. Le titre confirme également ma volonté de proposer un travail professionnel abouti, avec une identité visuelle claire et une qualité constante, quel que soit le projet photographique.
Y a-t-il une image de votre dossier qui vous représente particulièrement ?
Oui, probablement le portrait corporate réalisé avec un chirurgien en salle d’opération. Cette image représente bien ma manière de travailler, parce qu’elle mêle préparation, adaptation et humain. Pour réaliser cette photo, nous avons dû obtenir l’autorisation de l’hôpital afin d’accéder au bloc opératoire. Toute l’équipe a dû respecter le protocole sanitaire et s’habiller de manière totalement stérile, de la tête aux pieds. C’était assez impressionnant, mais aussi un moment très drôle, avec quelques fous rires mémorables pendant l’installation. Au-delà de l’aspect technique, j’aime cette image parce qu’elle raconte une vraie histoire et qu’elle montre l’importance de créer un lien avec la personne photographiée, même dans un environnement aussi particulier.
Quel conseil donneriez-vous à un.e photographe qui hésite à se lancer ?
Je lui dirais simplement : au mieux, tu obtiens le titre ; au pire, tu progresses énormément. Préparer un dossier pour le concours oblige à prendre du recul sur son travail, à développer son regard et à gagner en exigence. C’est une expérience très formatrice, même avant le résultat final. Le plus important est d’oser se lancer. On apprend énormément sur sa manière de photographier, sur sa cohérence artistique et sur ses points forts comme sur les axes à améliorer. Dans tous les cas, c’est une démarche enrichissante.
Et maintenant, quelle est la suite pour vous ? Ce titre a-t-il ouvert de nouveaux horizons ?
Oui, clairement. Ce titre m’a donné envie d’aller encore plus loin dans ma démarche photographique et de continuer à évoluer, aussi bien artistiquement que techniquement. Aujourd’hui, mon prochain objectif est le QEP, qui représente une nouvelle étape importante et un véritable défi dans une carrière de photographe. C’est la continuité logique de ce parcours : continuer à se remettre en question, affiner son identité visuelle et repousser ses propres limites. J’ai également la chance de faire partie du jury pour le Portraitiste de France, ce qui est un véritable honneur. Intégrer cette belle équipe est une grande marque de confiance. C’est un travail rigoureux qui nous sera demandé, et j’ai déjà hâte de participer à cette session qui nécessitera beaucoup de concentration, de recul et de professionnalisme.
